Je me considère comme une jeune autrice. Non pas que j’écrive depuis peu de temps, mais je cherche à vendre mes livres depuis peu de temps. Je suis donc à la recherche d’un éditeur pour mon premier roman abouti. Je me rends à « Livre Paris » dans l’espoir d’en trouver un.

L’auto-édition est une solution. Mais en parfaite représentante de la femme moderne débordée, je préférerais choisir la facilité. Un éditeur pourrait s’occuper à ma place de la commercialisation, et me laisserai le meilleur : l’écriture.

D’aucuns me diront probablement que je risque de déchanter. Mais je suis convaincue que les adeptes de l’édition classique en auront autant au service de l’auto-édition. Bref : pour l’instant, je choisis la solution de la paresse. Si j’échoue dans cette voie, il sera toujours temps de m’autoéditer, l’inverse n’étant pas vrai !

Une fois énoncées ces considérations bassement pratiques, il me restait à définir mes éditeurs cibles. Le salon « Livre Paris » arrivant à grands pas, cela m’avait semblé être une excellente opportunité pour aller rencontrer ces éditeurs.

Arrivée au salon

Armée d’une cinquantaine d’exemplaires d’un livret préparé à cette attention, j’ai débarqué Porte de Versailles. C’était le samedi 17 mars 2018, à 10 h, après un voyage collé serré dans le métro.

Tandis que certains, angoissés de ne pouvoir sortir à temps à la station tant convoitée, lançaient des « Pardon, Pardon » d’une voix stridente ; d’autres, lucides, leur répondaient calmement « Pas de panique ma brave dame : tout le monde descend ». Et c’était vrai. À tous ceux qui pensent que les Français ne lisent plus, je conseille ce petit trajet fort instructif !

Passé cette digression, je reviens à mon sujet. J’attendais, sous la pluie, l’ouverture des portes, au milieu de quelques centaines d’auteurs et de lecteurs, livrés pêle-mêle à l’humidité ambiante. Lorsque les portes s’ouvrirent enfin, la foule se dirigea comme un seul homme, vers la large entrée du salon. Mais si large qu’elle fût, la queue était telle qu’un drone survolant les visiteurs n’aurait pu montrer à quelque observateur que ce soit de quelle couleur était la moquette que ces gens foulaient. Les sas d’entrée débordaient tout autant, et nombreux étaient ceux dont l’enthousiasme fut, à proprement parlé, douché par le ciel.

Le mécontentement montait d’autant plus dans les rangs des impatients que l’organisation à ce « Livre Paris » n’était pas optimale. Pour ceux qui n’avaient pas eu la présence d’esprit d’acheter un billet sur internet, l’attente était double : aux caisses d’abord, aux contrôles des billets ensuite.

Finalement, après avoir écrasé un certain nombre de pieds avec ma lourde valise à roulettes pleine de livrets, je pénétrai dans le Saint-Graal, non sans avoir pris soin de me munir d’un plan, et du catalogue officiel de cet événement. Et le plus utile des deux ne fut pas forcément celui que vous pensez, ni même celui auquel je pensais à cet instant.

Car entre nous, quel besoin les organisateurs ont-ils de nommer les stands par un ensemble de lettre et de chiffres, si aucun de ces stands n’est numéroté ? Ce plan, que j’eus de surcroît quelques difficultés à trouver, n’eut absolument aucun intérêt pour moi.

Échanges avec les éditeurs

Heureusement, j’avais travaillé avant de venir au »Livre Paris » : j’avais passé en revue les 327 éditeurs français de roman présents au salon. Équipée de ma liste, avec les numéros des stands, je partis à travers les allées, en recherche de l’éditeur idéal.

Et ce ne fut pas simple ! Entre les stands bondés où je ne trouvai aucun moyen de pénétrer (Actes Sud, Albin Michel…), les éditeurs qui avaient donné consigne à leurs équipes de renvoyer les auteurs sur leurs sites (Robert Laffont, XO éditions…), ceux qui acceptaient la discussion n’étaient pas les plus gros.

Et parmi eux, ce sont encore les plus petits qui ont accepté d’échanger sur mon synopsis. Certains ont eu la gentillesse de repartir avec mon manuscrit sous le bras, car j’en avais prévu quelques exemplaires (Lamantin, Flamant noir Editions), d’autres m’ont donné les contacts auxquels adresser mes écrits (Beta Publisher, Butterfly Editions).

Première leçon : « livre Paris » n’est pas l’endroit idéal pour solliciter les maisons d’édition. Ce salon est un lieu de rencontre entre des livres et des lecteurs, voire entre des écrivains et des lecteurs.

Moi qui n’ai évidemment jamais participé à une séance de dédicace en tant qu’auteur, j’anticipe déjà le risque de me retrouver seule derrière un bureau, ma pile de livres devant moi, et personne pour les acheter… Ce n’est pas ce que j’ai vu au salon Livre Paris 2018. Les queues étaient démesurées, canalisées par les organisateurs à la rubalise : certaines faisaient même le tour du stand !

Leçon n° 2 : les lecteurs ont envie de rencontrer leurs auteurs favoris. Ce n’était pas une évidence pour moi, car j’avoue ne m’être livré au jeu de la dédicace que cette année, pour la première fois… Une dédicace pour mon fils ! Sur le tome 4 qu’il attendait avec tant d’impatience de Frigiel et Fluffy.

Illustration d’une séance de dédicace fort appréciée.

Les outils indispensables

Enfin, mon livret : bonne ou mauvaise idée ? J’en ai distribué… 4… sur 50.

Leçon n° 3 : inutile de chercher à innover, étonner, sortir du lot de cette façon. Car j’ai toujours devancé les besoins de mes interlocuteurs en la matière : il faut dire que j’étais tellement contente d’avoir en face de moi une personne prête à m’écouter réciter mon texte !

Quatrième leçon : le pitch et le synopsis sont fondamentaux !

J’aurai l’occasion de vous en parler ultérieurement : de la manière dont je m’y suis prise, ce qu’il faut faire ou ne pas faire. En tout cas, tous les contacts sérieux que j’ai noués, c’est par le biais d’un pitch, voire de mon synopsis, en version ultra raccourcie. Il est vital de le rédiger, l’apprendre (pas par cœur en revanche !), et de s’entraîner ! C’est le nerf de la guerre. A part la formidable acoustique de votre salle de bain, il existe de nombreuses occasions de tester votre texte, votre attitude… Je vous invite d’ailleurs à vous reporter au précédent article concernant le Speed Dating Amazon sur ce sujet.

Bilan : le salon Livre Paris est l’endroit le plus génial du monde lorsqu’on est écrivain. Des livres, partout, des éditeurs à portée de voix, des auteurs à porter de bisous, et des lecteurs, des lecteurs, des lecteurs… à vous donner le tournis.

Alors, salon Livre Paris… à l’année prochaine !

 

 

 

 

 


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