Affiche La mémoire dans la peau

 

 

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 Auteur : Robert Ludlum

 Éditeur : Livre de poche

 Genre : Espionnage

 Année : 1980

 ISBN : 2253031445


Un homme est repêché, grièvement blessé par plusieurs balles, et amené à l’ivrogne du coin sur l’île de Port-Noir, le Docteur Washburn. L’homme est amnésique, mais un microfilm, caché sous sa peau, lui donne le point de départ de sa quête d’identité : une banque à Zurich. C’est en cherchant à obtenir un faux passeport qu’il est confronté pour la première fois à sa vie oubliée : un homme le reconnaît, et tente de le tuer. Commence alors un parcours semé d’embûches, de doutes, de dangers et d’ennemis.

Robert Ludlum est né en 1927 à New York. Bien qu’il se destine d’abord à une carrière au théâtre, il s’engage dans les Marines durant la Seconde Guerre Mondiale. A la fin de celle-ci, il retourne à l’université et devient comédien et metteur en scène. C’est à l’âge de 40 ans qu’il se tourne vers l’écriture. Dès son premier roman, « L’héritage Scarlatti », publié en 1971, il connaît un grand succès, s’imposant comme le maître du roman d’espionnage. Robert Ludlum vivait dans le Connecticut, mais voyageait beaucoup, raison pour laquelle l’action de nombres de ses œuvres se déroule dans les grandes capitales Européennes. Robert Ludlum est décédé en 2001, laissant derrière lui 26 romans d’espionnage, et un nom exploité même après sa mort.

LE MUST DU ROMAN D'ESPIONNAGE : À LIRE ABSOLUMENT

Évidemment, ce titre vous parle, de même que cette histoire. Rien de plus normal, puisqu’elle a été porté à l’écran avec l’acteur Américain, Matt Damon.

Pour autant, ne vous détournez pas de ce livre, car les deux histoires n’ont rien à voir… hormis le point de départ (dans le livre, Marie Saint Jacques est l’otage de Jason Bourne). Alors pourquoi ont-ils modifié le fil de l’intrigue ? Difficile de le dire, mais il est clair que ce n’est pas en raison d’un déficit de bagarres ou de rebondissements. Sur ce plan, les amateurs d’action seront servis !

En revanche, comme dans tout roman d’espionnage, de nombreux personnages apparaissent, ce qui rend parfois la compréhension difficile. Heureusement, Robert Ludlum a tenté de donner aux plus importants d’entre eux des caractéristiques physiques nets : lunette à monture d’or, boîtillement appuyé, surnoms curieux… Mais ce n’est pas toujours suffisant.

Sur la forme, on peut noter quelques longueurs. Le narrateur omniscient fait la part belle aux réflexions personnelles des personnages. Elles sont d’ailleurs souvent nécessaires pour comprendre les orientations prises par chacun, mais ces passages sont aussi parfois trop longs, et coupent l’intrigue, ainsi que l’action.

Considéré seul, ce roman est un classique du genre, l’un des meilleurs. Comparé au film, il est plus détaillé, et de ce fait plus crédible. Sans spoiler, la question de la loyauté de Jason Bourne à la CIA est posée, aspect qui manque cruellement dans le film, et ses suites.

Vocabulaire

Quelques mots de vocabulaire lus dans LA MÉMOIRE DANS LA PEAU et présentés dans la catégorie Vocabulaire.

OBSÉQUIEUXNONCHALANT
VENELLEFORTUIT
VERGOGNEAQUILIN
PATRICIENPANDÉMONIUM
ADMONITIONANATHÈME
RENACLERIMPÉTUEUX
CIRCONLOCUTION INOPPORTUN
UBIQUITÉ OPPROBRE
PARALLAXE

Extrait

"Il n'y avait pas de lumière sur la côte de France ; rien que la lune déclinante qui soulignait les contours du rivage rocheux. Ils étaient à deux cents mètres de la terre, le bateau de pêche se balançait dans les courants de la crique. Le capitaine désigna un point par-dessus bord.

"Il y a une petite place entre ces deux amoncellements de rochers. Ça n'est pas grand-chose, mais vous y arriverez si vous nagez vers la droite. Nous pourrons dériver encore dix ou douze mètres, guère plus. Encore une minute ou deux.

-Vous faites plus que je ne m'y attendais. Je vous en remercie.

-Pas la peine. Je paie mes dettes.

-Et j'en fais partie ?

-Et comment ! Le docteur de Port-Noir a recousu trois de mes hommes après cette tempête insensée voilà cinq mois. Vous n'étiez pas le seul, vous savez.

-La tempête ? Vous me connaissez ?

-Sur la table vous étiez blanc comme de la craie, mais je ne vous connais pas et je ne veux pas vous connaître. Je n'avais pas d'argent alors, je n'avais rien pêché : le docteur a dit que je pourrais le payer quand les choses iraient mieux. Mon paiement, c'est vous.

-J'ai besoin de papiers, dit l'homme, sentant que l'autre pouvait l'aider. J'ai besoin d'un passeport trafiqué.

-Pourquoi vous adresser à moi ? demanda le capitaine. J'ai dit que je déposerais un paquet par-dessus bord au nord de La Ciotat. C'est tout.

-Vous n'auriez pas dit ça si vous n'étiez pas capable de faire plus.

-Je ne veux absolument pas vous conduire jusqu'à Marseille. Je ne veux pas prendre le risque de rencontrer des patrouilleurs. La Sûreté grouille dans tout le port ; les équipes de la Brigade des Stupéfiants sont des maniaques. Ou bien vous les payez ou bien ça vous coûte vingt ans de taule.

-Ce qui veut dire que je peux me procurer des papiers à Marseille. Et que vous pouvez m'aider.

-Je n'ai pas dit ça..

-Mais si. J'ai besoin d'un service et ce service on peut me le rendre dans un endroit où vous ne voulez pas m'emmener : ça n'empêche que le service est là-bas. Vous l'avez dit.

-J'ai dit quoi ?

-Que vous me parleriez à Marseille - si je peux arriver là-bas sans votre aide. Dites-moi simplement où."

Le patron du bateau de pêche scruta le visage du patient ; ce ne fut pas à la légère qu'il prit sa décision, mais il finit par la prendre.

"Il y a un café rue Sarrasin, au sud du Vieux Port : le Bouc de Mer. J'y serai ce soir entre neuf et onze. Il vous faudra de l'argent, il faudra en verser un peu d'avance.

-Combien ?

-Ce sera à discuter entre vous et l'homme à qui vous parlerez.

-Il me faut une idée.

-C'est moins cher si vous avez un document sur lequel travailler, sinon il faut en voler un.

-Je vous l'ai dit. J'en ai un."

Le capitaine haussa les épaules. "Quinze cents, deux mille francs. Est-ce que nous perdons notre temps ? ".

Le patient pensa au sac en toile cirée attaché à sa ceinture. Il se retrouverait sans un sou à Marseille, mais il avait absolument besoin d'un passeport trafiqué, d'un passeport pour Zurich. "Je m'arrangerai, dit-il, se demandant pourquoi il parlait d'un ton si assuré. A ce soir, alors."

Le capitaine examina la côte. "On ne peut pas dériver plus loin. A vous de vous débrouiller maintenant. N'oubliez pas, si nous ne nous retrouvons pas à Marseille, vous ne m'avez jamais vu, et je ne vous ai jamais vu. Personne de mon équipage ne vous a vu non plus.

-J'y serai. Le Bouc de Mer rue Sarrasin, au sud du Vieux Port."

 

Le film

Pour mémoire, voici la bande annonce du film tiré de ce roman.


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