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 Auteur : Peter James

 Éditeur : Pocket

 Genre : Thriller

 Année : 2012

 ISBN : 2266227521

Le corps d’un jeune homme est repêché dans la Manche. Une longue cicatrice marque son torse : il n’a plus ni cœur, ni poumon, ni rein, ni foie. Deux autres corps sont ainsi retrouvés : des adolescents, privés de leurs organes. Dans le même temps, on suit Simona et Roméo, deux enfants roumains, dans les rues froides et hostiles de Bucarest, jusqu’au jour où une femme belle, gentille… et visiblement riche leur propose une nouvelle vie en Angleterre... Et puis, il y a cette jeune Anglaise de 15 ans, qui vit à Brighton, et qui mourra en quelques semaines si on ne lui greffe pas un nouveau foie.

Tome 1 : Comme une tombeTome 2 : La mort leur va si bien
Tome 3 : Mort ou presqueTome 4 : Tu ne m'oublieras jamais
Tome 5 : La mort n'attend pasTome 6 : À deux pas de la mort
PETER JAMES

Né en 1948 à Brighton, Grande-Bretagne, Peter James est écrivain, scénariste et producteur. Il travaille d’abord aux États-Unis comme producteur, où il adapte certaines de ses propres œuvres au cinéma. En 1981, il commence à écrire des thrillers, mais aussi des livres fantastiques et d’horreur. C’est en 2005 qu’il démarre sa série Roy Grace. Ses romans sont couramment traduits en 29 langues !

COMME UNE TOMBE - Photo Peter James
LE RASSURANT DE LA CONTINUITÉ MÊLÉ AU PIQUANT DE LA NOUVEAUTÉ

On a plaisir à retrouver Roy Grace, enquêteur criminel dans le Sussex, pour la cinquième fois.

Peter James change de registre et s’intéresse ici au monde médical, en particulier aux greffes d’organes. C’est également le premier tome où Peter James nous conduit au bord de la mer, et même sur la Manche, cette mer souvent déchaînée.

Ainsi, si les faits se déroulent principalement à Brighton. Mais le romancier nous propose également de découvrir la Roumanie, et le destin de ces enfants des rues, nés de la politique démographique catastrophique de Ceausescu. C’est en 1966 que le dictateur fait interdire l’avortement, et procéder, chaque mois, à des tests de grossesse, avec pour objectif d’enrayer le recul de la natalité. Mais, évidemment, les familles n’ont pas les moyens de nourrir ces enfants, qui se retrouvent par milliers à vivre dans des conditions inqualifiables, livrés à eux-mêmes dans la rue, ou parqués comme des animaux dans les orphelinats insalubres, manquant même de nourriture.

Comme toujours, l’atmosphère est réaliste : on imagine parfaitement ces enfants abandonnés, tout comme on entend presque les bruits assourdissants de la ville de Brighton. Les sujets abordés sont particulièrement bien documentés, et les sentiments exprimés par les personnages évocateurs : on ressent cette douleur, et on souffre avec eux.

La vie de Roy Grace reste un fil conducteur qui nous tient, de livre en livre, et n’a pas fini de nous captiver.

Sur la forme, le style reste fluide, les chapitres courts succèdent aux longs, mettant à l’honneur chacun des personnages, policiers ou truands, à tour de rôle. Le suspense est toujours aussi intense, même si l’intrigue est plus attendue, et les rebondissements moins nombreux. La fin surprendra, sans doute, attristera certainement, mais offre une forme de justice que l’on ne regrettera pas.

Pas de répétition, ni d’ennuis dans cette série policière aux innombrables qualités littéraires : les intrigues sont cesse renouvelées, et les personnages toujours aussi attachants.

 

VOCABULAIRE

Quelques mots de vocabulaire lus dans COMME UNE TOMBE et présentés dans la catégorie Vocabulaire.



CAPITEUXLASCIF
SQUAMEIRRIDESCENTE

 

EXTRAIT

"Ross Hunter invita Lynn à prendre place sur l’une des deux chaises en cuir noir, devant son bureau. Elle s’assit sans retirer son manteau et posa son sac par terre. Les traits tirés du médecin l’angoissaient. Le téléphone sonna. Il leva la main pour s’excuser, décrocha, et lui fit comprendre que ce ne serait pas long. Il entama sa conversation sans quitter des yeux son ordinateur portable.

Jetant un regard circulaire, elle remarqua un portemanteau auquel était accroché un pardessus — sans doute celui du docteur —, puis du matériel électronique qu’elle n’avait jamais vu. À quoi pouvait-il bien servir ? Le médecin s’entretenait avec une personne dont un proche, gravement malade, allait être transféré dans le service réservé aux phases terminales. Ce coup de fil la déprima encore plus.

Dr Hunter raccrocha, griffonna une note, consulta une dernière fois son ordinateur, puis se tourna vers Lynn.

— Merci d’être venue, dit-il d’une voix douce, compatissante. Je voulais vous voir seule, avant de parler à Caitlin, ajouta-t-il mal à l’aise.

— OK, articula-t-elle, sans qu’aucun son ne sorte de sa bouche, comme si du papier buvard avait été enfoncé dans sa gorge.

Il s’empara du dossier posé au somme de l’une des piles et l’ouvrit. Ajustant ses lunettes, il le parcourut, comme pour repousser le moment du verdict.

— J’ai bien reçu les derniers résultats du Dr Granger, qui, malheureusement, ne sont pas bons : ils révèlent un grave dysfonctionnement hépatique.

Neil Granger était le gastro-entérologue qui suivait Caitlin depuis six ans.

— Il y a surproduction d’enzymes. Le taux de Gamma GT est particulièrement élevé, celui des plaquettes beaucoup trop bas — il a chuté ces derniers mois. Votre fille marque beaucoup, quand elle se cogne ?

— Oui, confirma Lynn. Et quand elle se coupe, elle saigne longtemps.

Elle savait que les plaquettes étaient fabriquées par le foie, et qu’en temps normal elles étaient censées faire cesser le saignement et participer à la cicatrisation.

— Quel est son taux d’enzymes hépatiques ?

À force de se renseigner sur Internet, Lynn commençait à être assez calée sur le sujet : suffisamment pour savoir quand s’inquiéter, mais pas assez pour savoir quoi faire en cas de danger.

— La norme est de 45. Il y a un mois, Caitlin était à 1050, mais maintenant son taux s’élève à 3000. Le Dr Granger est très inquiet.

— Quelles sont les conséquences, Ross ? demanda-t-elle d’une voix cassée.

Il la regarda droit dans les yeux, avec empathie.

— Son ictère et son encéphalopathie s’accentuent. Pour dire les choses simplement, des toxines empoisonnent son corps. Elle souffre d’hallucinations, non ?"


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