le coma des mortels - affiche

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 Auteur : Maxime Chattam

 Éditeur : Albin Michel

 Genre : Thriller

 Année : 2016

 ISBN : 2226320784


Pierre a abandonné sa vie antérieure. Il tente de reconstruire un présent, maladroitement, au fil de choix et de décisions plus que discutables. Ainsi, entre son travail au zoo où il ramasse les excréments des animaux, sa nouvelle petite amie qui organise des rancards dans des cimetières, peint des tableaux avec des mouches mortes et collectionne les suicides, ou son ancien psychologue qui le harcèle, Pierre n'a pas la tâche facile...

Maxime Chattam est né en 1976 à Herblay, dans le Val d'Oise. Il commence à écrire en 1988, lors d'un voyage en Thaïlande. Attiré par la comédie, il suivra le Cours Simon, et poursuivra l'écriture avec des essais littéraires et des pièces de théâtre, jamais publiés. Il reprend ses études de lettres modernes, puis apprend les rudiments de la psychologie criminelle, de la police technique et scientifique, et de la médecine légale. Engagé à la FNAC en 1999, il entre en contact avec des maisons d'édition. Michel Lafon lui donne sa chance, et publie en 2002 l'Ame du mal, le premier volet de sa trilogie. Suivront In Tenebris et Maléfices.

DES LONGUEURS MAIS QUE D'AUDACE !

Maxime Chattam est un maître du suspense. Mais il s'essaie ici à un tout autre genre, celui du roman noir. Les habitués aux thrillers de Chattam doivent donc s'attendre à un dépaysement, voire une déception.

On trouvera pourtant bien quelques cadavres, doux euphémisme en vérité, mais pas d'enquête policière au sens propre. Pierre est torturé par ces meurtres, notamment parce qu'il se retrouve au centre d'un jeu de dominos où chaque pièce tombe tôt ou tard. Et lorsqu'il s'interroge réellement sur ces événements, ce n'est pas par amour de la justice. Sa motivation relèverait plutôt du registre de l'égoïsme, sans oublier un fond de cynisme.

Le plus appréciable dans ce récit, ce sont les personnages. Chattam nous propose une galerie de portraits, homme comme femme, particulièrement réussie : doucement déjantés, ou limite à enfermer en HP, chacun épice sa vie comme il le peut, des vies mornes pour la plupart. On aime ces idées farfelues, au service de figures à la psychologie fouillée.

Sur la forme, le langage est fleuri à souhait, les images parfois trashs et dénudées, les jeux de mots inventifs et signifiants (la Mal et Diction). Ainsi, l'ensemble noir, voire désespéré que nous donne à voir Chattam, est émaillé de bons mots, de moments franchement drôles et de scènes cocasses.

Malgré cela, le récit comporte des longueurs. On regrette que les réflexions plus ou moins existentielles et philosophiques du personnage principal occupent autant de place. Elles sont autant de cassure dans un rythme déjà relativement lent, ce qui ne permet pas de profiter des éventuels effets de supsense ménagé par l'auteur. De plus, la forme du début et de la fin, si elle apporte un élément essentiel à la compréhension de l'ensemble du livre, est plutôt ennuyeuse.

En résumé, "Le coma des mortels" est une fable noire sur la vie et les choix que nous faisons. Pas d'enquête policière, ni de rebondissements, mais un code à découvrir, de préférence pas trop tôt, pour saisir la chute et appréhender ce que l'auteur a voulu faire de cette histoire hors norme.

 

Vocabulaire

Quelques mots de vocabulaire lus dans LE COMA DES MORTELS et présentés dans la catégorie Vocabulaire.

EXTATIQUEEVANESCENT
EXQUISITÉCATHARSIS
SCORIEFANGE
ESCHATOLOGIE PRIAPIQUE

Extrait

"La comédie c'est un peu comme l'écriture : une forme d'art dangereuse pour la santé mentale qui consiste à développer une schizophrénie contrôlée et à jouer avec en en testant la plasticité, la résistance et l'étendue.

La première chose qui m'a frappé aux cours de théâtre, c'est ma partenaire.

Mais laissez-moi vous dépeindre le décor avant d'entrer dans le vif du sujet. De prime abord, c'était une petite salle miteuse qui sentait l'humidité et le renfermé, avec des gens relativement normalisées, tous ici pour fabriquer des fragments de faux en dépeçant le vrai en eux. Il suffisait d'une soirée en leur compagnie pour en être convaincu : des gens chiants, c'est comme ça que je les ai perçus en quelques minutes, du haut de ma formidable estime de moi. Cependant, dès qu'ils montaient sur scène, certains se transfiguraient, la lumière s'allumait dans leur regard, endosser le rôle d'un autre leur permettait de ne plus avoir à être eux-mêmes, une libération qui les rendait intéressants, parfois passionnants, de temps à autre émouvants. Un amer constat d'échec en somme : ils n'étaient brillants qu'en n'étant pas eux-mêmes."


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