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 Auteur : John Grisham

 Éditeur : Robert Laffont

 Genre : Thriller

 Année : 2013

 ISBN : 978-2-266-24445-9


Raymond Fawcet, juge fédéral de Virginie, est assassiné avec sa secrétaire. Le FBI est sur les dents. Ils n’ont retrouvé aucune empreinte, aucun indice… Rien qui pourrait leur permettre d’avancer dans cette enquête. Jusqu’à ce que Malcolm Bannister, un ancien avocat, condamné à tort à 10 ans de prison, ne se manifeste : il connaît l’assassin du juge Fawcet, et le mobile du meurtre. Mais Malcolm est-il réellement en possession de ces informations ?

Né dans l’Akansas, John Grisham a suivi des études de comptabilité, avant de se tourner vers le droit. Il travaille dans un bureau d’avocats d’une petite ville du sud des Etats-Unis lorsqu’il assiste à un procès au cours duquel une enfants de 12 ans, victime de viol, témoigne. C’est à partir de cette histoire vraie qu’il écrira son premier roman, intitulé « Non coupable », qui sera porté à l’écran sous le titre « Le droit de tuer ». Puis il s’attelle à « La Firme », qui deviendra un best-seller, avant d’être interprété à l’écran par Tom Cruise. Grisham a depuis écrit de nombreux ouvrages, le plus souvent des romans judiciaires.

Un thriller monotone, sauvé par son intrigue

Le résumé est attrayant : un homme emprisonné dispose d’informations sensibles, lui permettant d’obtenir sa libération. Le titre est également très suggestif.

Sur le fond, le lecteur n’est pas déçu : Malcom Bannister va en effet manipuler les hommes chargés de sa protection, et les enquêteurs dans l’affaire du juge Fawcet. Difficile de déterminer l’identité du coupable avant que l’auteur ne nous le révèle : le suspense est total, la manipulation surprenante et originale.

Pour autant, tout semble trop facile. Le plan de Bannister se déroule, sans accroc aucun : comment un plan conçu plusieurs années en amont peut-il ne subir aucune modification, n’être à aucun moment contre-carré ? John Grisham déroule son récit. Celui-ci est intéressant, mais absolument pas crédible, et pour tout dire, ennuyeux.

Sur la forme aussi, l’écriture est monotone. Il n’y a pas ni relief ni saillie. Tout est trop lisse. L’utilisation de la première personne, pour que Bannister raconte lui-même son histoire, et le déroulé de son plan, n’apporte pas plus d’informations que si le narrateur avait été omniscient, car les pensées et les sentiments de Bannister sont sans intérêt.

La version audio de Audible, lue par Tony Joudrier, ne sauve pas l’œuvre. Au contraire, la voix est dynamique, mais mise au service d’un récit ennuyeux, elle finit par devenir monocorde et insipide.

« Le manipulateur » peut intéresser les fans de thriller pour l’originalité du plan de Bannister. Mais l’écriture et l’absence de rebondissements ne parviendront sans doute pas à sauver le fond de ce récit.

 

 

Vocabulaire

Quelques mots de vocabulaire lus dans LE MANIPULATEUR et présentés dans la catégorie Vocabulaire.

CIRCONSPECTIONSUSTENTER
OBTEMPÉRERFULMINER
EXHORTERSUBODORER
DUBITATIF SUBSTANTIEL
PRÉEMINENCECONDESCENDANCE
AMERTUMEFARAUD
SE REMBRUNIRBORBORYGME
GARGANTUESQUE

Extrait

"Je suis avocat, et je suis en prison. C'est une longue histoire. J'ai quarante-trois ans et je suis à mi-parcours d'une peine de dix ans prononcée à Washington par un juge fédéral médiocre et morlisateur. J'ai épuisé tous mes recours en appel et il ne me reste, parmi un arsenal déjà très dégarni, aucune procédure, aucun dispositif, aucun texte de loi obscur, aucun point de procédure, aucune faille, aucun miracle ultime. Je n'ai plus rien. Comme je connais le droit, je pourrais me prêter au jeu de certains détenus et encombrer les tribunaux de piles de requêtes, assignations inutiles et autres citations totalemnet vaines, mais rien de tout cela ne servirait ma cause. Rien ne servira plus ma cause. La réalité, c'est que je n'ai aucun espoir de sortir d'ici avant encore cinq ans, moins quelques malheureuses semaines grappillées pour bonne conduite, et ma conduite est exemplaire.

Je ne devrais plus me prétendre avocat, car dans la pratique je n'en suis plus un. Peu après ma condamnation, le barreau de l'État de Virginie s'en est mêlé et m'a retiré ma licence. C'est écrit en toutes lettres, noir sur blanc : toute condamnation pénale équivaut à une radiation du barreau. J'ai été dépouillé de ma licence et mes ennuis disciplinaires ont été dûment signalés dans les colonnes du Virginia Lawyer Register. Ce mois-là, nous fûmes trois avocats radiés, ce qui constitue grosso modo la moyenne."


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