Couverture Profanation, Tome 2 de la série du Département V

 

 

 

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 Auteur : Jussi Adler-Olsen

 Éditeur : Livre de poche

 Genre : Thriller

 Année : 2012

 ISBN2226272658


Un dossier a été subrepticement déposé sur le bureau de Carl Mørck, sous-commissaire responsable du Département V. Il concerne le double meurtre de deux adolescents, survenu plusieurs années auparavant, pour lequel un homme s’est spontanément accusé. Pourtant, aucune des parties liées à cette affaire n’est satisfaite de la condamnation de ce dernier. Tous les regard sont tournés vers la bande à laquelle cet homme appartenait, et qui s’est constituée entre les murs d’une prestigieuse école privée. Pourquoi la police ne s’est-elle pas plus penchée sur le cas de ses camarades ? Est-ce parce que ces enfants de la haute bourgeoisie danoise sont eux aussi devenus des personnes riches et très en vue ? Mørck reprend l’enquête, au grand damne de bien des puissants.

 

 

JUSSI ADLER-OLSEN

Carl Valdemar, plus connu sous le pseudonyme de Jussi Adler-Olsen, est né à Copenhague en 1950. Successivement guitariste, étudiant en médecine, sciences politiques, sociologie, cinéma et mathématique, ce touche-à-tout travaille comme rédacteur, éditeur et traducteur entre 70 et 78. Il utilise son appartement comme boutique pour vendre des BD d’occasion, avant de monter une maison d’édition en 1984. Son premier roman, « Groucho & Co’s groveste » sort en 1984 et porte sur Marx Brothers. Son premier roman policier est publié en 1997 et devient best-seller. Il travaille plusieurs années comme directeur d’entreprises technologiques avant de se lancer dans la série du « Département V » qui remportera de nombreux prix de littérature au Danemark. Les trois premiers tomes de la série ont été adaptés au cinéma depuis 2013.

 

UN "ORANGE MÉCANIQUE" VERSION DANOISE

Pour ce deuxième tome des aventures du Département V, Jussi Adler-Olsen s’éloigne un peu des fondamentaux du volume précédent.

Il s’attaque cette fois à deux sujets universels, traités conjointement sans tabou ni fausse pudeur. Âme sensible : attention ! L’auteur met les mots, il décrit les images, il illustre une violence à laquelle, heureusement, la plupart d’entre nous ne sera jamais confrontée.

Cette histoire, dont l’action se déroule toujours au Danemark, est-elle une dénonciation de dérives constatées dans ce pays ? En tout cas, elle illustre les abus auxquels notre monde matérialiste, laissés aux mains des plus riches, peut aboutir. Violence ordinaire ou systémique ? Fiction ou réalité ? Chacun se fera son opinion, à l’aune de son propre vécu.

Pour les personnages, rien ne change ! On adore toujours autant Carl Mørck, dont les actions sont guidées tour à tour par la faignantise, la curiosité, l’absence de conscience professionnelle, ou la préservation de son petit confort dans son cher sous-sol.

Hafez el Assad prend progressivement ses marques. Il fait preuve d’initiatives et apporte souvent un œil neuf, un regard pas vraiment à contre-courant de ses collègues, mais plutôt à côté, ce qui lui permet de voir des choses qui échappent souvent aux autres.

En outre, le département V accueille un nouveau personnage : une femme, la première. Parviendra-t-elle à se faire une place entre le sous-commissaire aux réactions atypiques et au caractère bien trempé, et un assistant syrien devenu indispensable à Carl Mørck ?

L’intrigue nous balade, d’une manière totalement décousue, à l’image sans doute d’une véritable enquête. Et l’écriture, chirurgicale, froide et objective n’adoucit en rien cette impression de vraie vie, de sale vie parfois que l’on ressent souvent en cours de lecture.

Ce deuxième tome nous amène un peu plus loin dans la découverte de ce pays, nous livrant une facette peu reluisante d’une aristocratie qui s’autorise tous ses caprices. De la vie dans la rue, aux somptueuses demeures des plus riches, l’image d’égalitarisme, de respect mutuel et de véritable paix sociale que nous nous sommes forgée des pays scandinaves en général en prend un coup !

 

 

Vocabulaire

Quelques mots de vocabulaire lus dans PROFANATION et présentés dans la catégorie Vocabulaire.

EXUTOIREHARPIE
CONTONDANTCHILOM

Extrait

"Ditlev Pram était bel homme, et il le savait. Quand il prenait l’avion en classe affaires, nombreuses étaient les femmes qui ne répugnaient pas à l’entendre se vanter de sa Lamborghini et de l’allure à laquelle elle le ramenait à son domicile de Rungsted.
Cette fois, il avait jeté son dévolu sur une femme coiffée d’un chignon souple dans la nuque et le nez chaussé d’une paire de lunettes à grosse monture noire qui lui donnait un air inaccessible. Il la trouvait très excitante.
Il l’aborda sans succès, lui proposa son journal, The Economist, avec une centrale atomique photographiée à contre-jour sur la couverture, qu’elle refusa d’un geste de la main. Il lui fit servir un verre, mais elle ne le but pas. Et quand l’avion de Stettin se posa exactement à l’heure prévue à Kastrup, il comprit qu’il venait de gaspiller quatre-vingt-dix minutes de son précieux temps.
C’était le genre de choses qui le rendaient agressif.
Il traversa les couloirs vitrés du terminal numéro trois au pas de course et trouva un exutoire en arrivant au tapis roulant. Il s’agissait d’un homme à mobilité réduite, qui était sur le point de s’engager sur le tapis mécanique.
Ditlev accéléra l’allure et le rattrapa au moment où il posait un pied sur le tapis. Ditlev s’imagina la scène. D’un croche-pied discret, il enverrait l’infirme valser contre la vitre. Sa figure de binoclard irait s’écraser contre le plexiglas tandis qu’il gesticulerait pour retrouver son équilibre.
Il aurait adoré faire ça, parce qu’il était comme ça, tout simplement. C’était ainsi qu’ils se distrayaient depuis toujours, lui et ses amis. Sans l’ombre d’un remords. D’ailleurs, s’il était allé au bout de son projet, ça n’aurait pas été sa faute mais celle de cette garce. Elle n’avait qu’à accepter ses avances, et dans une heure, ils auraient été chez lui sous la couette.
Tant pis pour elle.
L’auberge de Standmo/lle disparaissait dans son rétroviseur et l’océan s’étendait, éblouissant, devant ses yeux, quand son portable sonna.
« Oui », dit-il, jetant rapidement un coup d’œil sur l’écran. C’était Ulrik.
« Quelqu’un l’a vue il y a quelques jours », dit-il, « au passage clouté de la gare centrale à Bernstorffsgade. »
Ditlev éteignit le lecteur MP3. « Ok. Quand exactement ?
- Lundi. Le dix septembre, vers neuf heures du soir.
- Et alors ?
- Nous sommes allés y faire un tour, Torsten et moi, mais nous ne l’avons pas repérée.
- Torsten est venue avec toi ?
- Oui, mais tu sais dans quel état. Il ne m’a pas été d’une grande utilité.
- Qui s’en occupe ?
- Aalbaek.
- Parfait. De quoi avait-elle l’air ?
- Il paraît qu’elle était assez bien habillée, d’après ce qu’on m’a dit. Mais plus maigre qu’avant. Par contre elle puait.
- Ah bon ?
- Oui elle sentait la pisse et la transpiration. »
C’était le problème avec Kimmie. Elle disparaissait pendant des mois, plusieurs années parfois. Et ils ne pouvaient jamais savoir sous quelle identité elle allait réapparaître. Un jour elle n’était nulle part et le jour suivant elle était partout et terriblement encombrante. Elle était l’élément le plus dangereux de leur vie. La seule à constituer une véritable menace pour eux."


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