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 Auteur : R.J.Ellory

 Éditeur : Sonatine

 Genre : Thriller

 Année : 2008

 ISBN : 235584013X


Dans les années 40, un village au fin fond de la Géorgie, USA, voit se succéder les viols et assassinats de petites filles, entre 7 et 11 ans. Joseph Vaughan, 12 ans, est un camarade, un voisin, de ces fillettes, si bien qu'il se jure de les protéger. En vain. De drame en décès, nous suivons la vie et la quête de vérité de cet homme, pendant près de 30 ans, jusqu'à New York, où l'écriture finira par le sauver, et le meurtrier par venir à lui.

R.J. Ellory est né en 1965 à Birmingham, en Angleterre. Son enfance est particulièrement difficile. N'ayant jamais connu son père, et après le décès de sa mère alors qu'il n'avait que 7 ans, il est élevé par sa grand-mère, qui finit par le placer, lui et son frère d'un an son aîné, dans un orphelinat. Lorsqu'ils en sortent à 16 ans, leur grand-mère décède et les deux garçons se retrouvent seuls. L'eau et l'électricité coupés, ils volent pour survivre, jusqu'à leur arrêstation par la police. A leur sortie, ils créent un groupe de rock, mais un des membres décède en raison des conditions de vie dans la maison toujours sans chauffage. Finalement, il se lance dans l'écriture, produisant 22 romans en 6 ans, dont aucun ne sera publié. Il retente 8 ans plus tard, et trouve un éditeur après avoir reçu 600 lettres de refus. Il publie régulièrement depuis, mais sera dénoncé en 2014 pour la rédaction de fausses critiques sur internet concernant ses livres et ceux de ses concurrents.

ENTRE THRILLER ET SAGA, UN POÈME FAIT LIVRE

Ni tout à fait un thriller, ni totalement une saga, ce roman joue sur plusieurs tableaux, et nous prend aux tripes. C’est inhabituel pour une œuvre de ce type, et pourtant, le personnage principal est un petit garçon, comme il y en a tant. Un enfant, avec son histoire et les personnes proches qu’il a perdu, ses rêveries et la manière dont il personnifie la mort pour mieux l’appréhender, ses espoirs, faits d’écriture sans qu’il s’en donne réellement les moyens, et surtout du courage d’affronter l’homme qui blesse et qui tue toutes ces petites filles. Mais comment pourrait-il protéger qui que ce soit alors qu’il n’a que 12 ans ? C’est donc ce personnage, atypique, attachant, profondément bon, et marqué par la vie, qui raconte, à la première personne, les événements à la fois extraordinaires, au sens propre du terme, et les douleurs incommensurables qu’il devra affronter.

En parallèle, ce sont les agissements du tueur de petites filles auxquels on assiste, comme Joseph, impuissant. Ils vous prennent, au détour d’une page, alors qu’on ne s’y attendait pas. Il est pourtant le liant de cette histoire, à la fois la cause et la conséquence de tout ce qui fera la vie de Joseph Vaughan.

Sur la forme, ce roman est un poème de la première à la dernière ligne. Les mots coulent, le phrasé est fluide, les images et les métaphores nous transportent dans ce pays lointain et ce temps étrange, où la vie passait comme au ralenti, rythmée seulement par les drames. Il nous mène où il veut, dans des descriptions si saisissantes qu’on croirait se trouver dans la Géorgie profonde des années 40. On a envie de lire et relire encore ce roman, malgré le propos parfois sanglant et déchirant, car la beauté du langage de R.J. Ellory nous attrape et ne nous lâche plus.

Thriller ou saga ? Car malheureusement, pour les amateurs de thriller, il manquera sans doute l’essentiel : le comment ? Comment Joseph Vaughan comprendra-t-il finalement qui est l’assassin de ces petites filles ? Cette réponse ne sera pas donnée, et c’est bien le seul bémol que l’on puisse adresser à ce chef d’œuvre.

 

Vocabulaire

Quelques mots de vocabulaire lus dans SEUL LE SILENCE et présentés dans la catégorie Vocabulaire.

PANACÉEADMONESTER
SAGACEABHORRER
CIRCONVOLUTIONANIMOSITÉ
Extrait

"Une chaise avec un accoudoir en tablette ; une école comportant une seule salle de classe ; une institutrice nommée Alexandra Webber. Un visage à la mâchoire large, ouvert comme une prairie, les yeux bleu barbeau, simples et francs. Ses cheveux étaient du fil de lin, elle dégageait toujours un parfum de réglisse et de menthe poivrée, avec quelque chose en dessous, comme de la racine de gingembre ou de la salsepareille. Elle ne faisait pas de quartier, n'en attendait pas en retour, et la profondeur de sa patience n'avait d'égale que l'ardeur de sa colère si elle sentait que vous lui aviez délibérément désobéi. J'étais assis à côté d'Alice Ruth Van Horne, une fille étrange, douce, qui me plaisait inexplicablement. La manière qu'elle avait de tortiller sa frange lorsqu'elle se concentrait, se tournant de temps à autre vers moi comme si j'avais la réponse qu'elle ne trouvait pas, avait quelque chose de simple et de touchant. Peut-être lui donnais-je l'impression que je comprenais cette chose qui lui échappait, peut-être le faisais-je simplement parce que j'appréciais l'attention qu'elle me portait, et lorsqu'elle n'était pas là, son absence me pesait, et le manque n'était pas seulement physique. J'avais onze ans, bientôt douze, et parfois je songeais à des choses qu'il valait mieux ne pas partager avec d'autres. Alice représentaire une chose que je ne comprenais pas totalement, une chose dont je savais qu'elle serait bien trop difficile à expliquer. Durant les quatre années que j'avais passées à l'école, Alice avait été là, devant moi, à côté de moi, pendant un trimestre assise au bureau derrière le mien. Quand je la regardais elle souriait, rougissait parfois, puis elle détournait le regard et laissait passer un moment avant de me regarder à nouveau. Je croyais que son sentiment était simple et pur, et je croyais qu'un jour, nous nous le rappellerions comme un souvernir parfait de qui nous étions durant notre enfance."

 


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