-> Lire un extrait

Auteur : Albert Cohen

Éditeur : Gallimard

Genre : Roman d'amour

Année : 1968

ISBN : 2070269175


Couverture du livre

Lorsqu’un homme s’introduit, torse nu dans sa chambre, Ariane d’Aulbe prend peur. Mais l’inconnu n’a pas dit son dernier mot. Ce que la jeune femme ignore, c’est le lien qui unit cet inconnu à son mari, un petit fonctionnaire sans envergure. Comment une si belle jeune femme, semblable à l’oiseau habitué à la médiocrité de sa cage, pourrait-elle lutter face au charme et à l’exotisme de l’irrésistible Solal ?

Albert Cohen est né en 1895 sur l’île grecque de Corfou. Ses parents émigrent à Marseille lorsqu’il a 5 ans, mais c’est à Genève qu’il suit ses études, et s’établit. En 1921, il publie « Paroles Juives » et « Solal » en 1930, livre qui lui vaudra déjà des critiques exceptionnelles. Mais la consécration arrive en 1968, avec « Belle du Seigneur », pour lequel il recevra Le Grand Prix de l’Académie Française, et sera fait Chevalier de la Légion d’Honneur.

La plus belle histoire d’amour jamais contée

Le thème de cette œuvre : l’Amour. Albert Cohen le dissèque, sous tous les angles : l’amour passionné et interdit entre deux amants, l’amour calculé d’une femme trop belle pour un mari insignifiants, l’amour absent et bien pensant d’un vieux couple se voulant plus bourgeois qu’il n’est, l’amour envahissant et aveuglé d’une mère pour son fils…

Sur la forme, l’écriture d’Albert Cohen est particulièrement détaillée, presque exhaustive. Chaque détail du vêtement de chaque personnage est présenté, comme dans cet extrait :

Pour les dialogues, le soucis de la fidélité au réel est identique : le parler des personnages est restitué à la perfection. Chacun d’eux peut être situé géographiquement, socialement, démographiquement grâce à la manière dont il parle. On pourrait croire que cette histoire est véridique, et qu’Albert Cohen a raconté ce que ses yeux voyaient.

Sur le fond, cette histoire aurait pu être narrée en 150 pages, sans oublier aucun personnage ni aucun événement ou rebondissement de ce récit. C’est cette accumulation de détails qui pèse si lourd en papier et qui, finalement, nous attrape, nous retient, jusqu’à la dernière page de cet ouvrage.

Comment imaginer que l’on puisse être à la fois lassée de la longueur du texte, mais incapable de le poser tant l’histoire et la langue d’Albert Cohen nous fascine.

Sur la première page de ce livre que l’on m’avait prêté était écrite une phrase que je n’oublierai jamais : « S’il ne devait en rester qu’un ». Quel compliment ! Surtout de la part d’un lecteur averti.

Aujourd’hui, je ne sais pas si j’aurai le courage de le reprendre, une seconde fois. Mais je remercie chaleureusement celui qui me l’a fait découvrir, et qui se reconnaîtra. Je sais, grâce à lui, à la fois ce que je ne voudrais jamais écrire, et ce qui restera, je pense, la plus belle histoire d’amour jamais contée.

Extrait

"J'ai résolu de devenir une romancière de talent. mais ce sont mes débuts d'écrivain et il faut que je m'exerce. Un bon truc sera d'écrire dans ce cahier tout ce qui me passera par la tête sur ma famille et sur moi. Ensuite, les choses vraies que j'aurai racontées, une fois que j'aurai une centaine de pages, je les reprendrai pour en tirer le début de mon roman, mais en changeant les noms.

"C'est avec émotion que je commence. Je crois que je peux avoir le don sublime de création, du moins je l'espère. Donc chaque jour, écrire au moins dix pages. Si je ne sais pas me tirer d'une phrase ou si ça m'embête, adopter le style télégraphique. Mais dans mon roman je ne mettrai naturellement que de vraies phrases. Et maintenant, en avant !

" Mais avant de commencer, il faut que je raconte l'histoire du chien Spot. Elle n'a rien à voir avec ma famille mais c'est une histoire très belle et qui témoigne de la qualité morale de ce chien et des Anglais qui s'en sont occupés. il est possible d'ailleurs que je m'en serve aussi dans mon roman. Il y a quelques jours j'ai lu dans le Daily Telegraph (je l'achète de temps en temps pour ne pas perdre contact avec l'Angleterre) que Spot, un bâtard noir et blanc, avait l'habitude de venir attendre son maître tous les soirs à six heures, à l'arrêt de l'autocar, à Sevenoaks. (Il y a trop de à. Phrase à revoir.)"

Catégories : Roman d'amour

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.